Au Maroc, le prix des légumes peut tripler sans même quitter les marchés de gros

Au Maroc, le prix des légumes peut tripler sans même quitter les marchés de gros
Sur les marchés marocains, certains fruits et légumes peuvent coûter jusqu’à trois fois plus cher qu’au marché de gros d’Inezgane. Les producteurs dénoncent les marges des intermédiaires et attendent une réforme annoncée pour 2027.
Un même produit, deux marchés de gros, et parfois un prix multiplié par trois. C’est l’écart que dénonce le président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes (FIFEL). À Inezgane, près d’Agadir, arrivent d’importantes quantités de produits frais destinés aux autres villes. Mais lorsqu’ils parviennent sur certains marchés régionaux, leurs prix peuvent doubler, voire tripler.
Interrogé par HortiDaily le 26 octobre, le responsable décrit des différences de prix particulièrement frappantes entre Inezgane et le montant payé par des consommateurs à Casablanca ou Rabat. Il accuse une chaîne de commercialisation encombrée d’intermédiaires, chacun prélevant sa marge.
Ce mécanisme nourrit aussi les tensions autour des exportations marocaines, régulièrement mises en cause lorsque les légumes deviennent plus chers. Pour Zakaria Hanich, le problème central se situe dans la circulation des marchandises après leur sortie des exploitations. Les producteurs avaient déjà signalé le cas de tomates cédées à 4 dirhams par l’agriculteur puis revendues à 12 dirhams.
Six sociétés régionales pour changer le circuit
Le gouvernement veut agir sur cette chaîne. Lors de la présentation du projet de budget 2027, le 23 octobre, Fouzi Lekjaa a annoncé la création de six sociétés régionales chargées de regrouper et de commercialiser les produits agricoles dans les grands bassins de production.
La FIFEL accueille favorablement cette orientation, qu’elle réclame depuis longtemps. Elle souhaite surtout réduire le nombre d’intermédiaires, encadrer leurs marges et rendre les prix plus transparents, y compris pour les associations de consommateurs.
Le secteur attend désormais les modalités de fonctionnement des futures sociétés. Hanich veut associer les agriculteurs à leur conception. Le dispositif s’inscrit dans une réforme plus large : le Maroc avait déjà annoncé la modernisation de douze marchés de gros. Cette fois, les professionnels demandent que le changement se voie jusque dans les prix pratiqués entre les marchés.
Article original publié sur www.bladi.net. Tazaghine Reader présente le texte récupéré côté serveur en lecture seule — toute édition, mise à jour ou correction future apparaîtra sur le site source.
Voir l'article complet à la source