Les entreprises marocaines passent à côté de 70 % de productivité

Les entreprises marocaines passent à côté de 70 % de productivité
Les entreprises marocaines se sont équipées en outils numériques, mais peu les intègrent réellement à leur fonctionnement quotidien. Cette « numérisation incomplète » prive le pays d’importants gains de productivité, selon la Banque mondiale.
Seuls 31 % des établissements marocains utilisent des logiciels spécialisés et à peine 8 % disposent d’un système ERP permettant de centraliser la gestion de l’entreprise, la comptabilité, les stocks, les achats ou encore la production.
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Le constat repose sur une enquête menée en 2024 auprès de 1 256 entreprises et couvrant plus de 300 technologies. Les outils numériques de base se sont largement diffusés, mais les solutions plus avancées — ERP, gestion automatisée des fournisseurs, analyse de données, intelligence artificielle ou contrôle de qualité par capteurs — restent beaucoup moins répandues.
Même lorsqu’elles sont installées, ces technologies sont rarement exploitées à plein. Parmi les entreprises équipées, moins de la moitié les utilisent intensivement pour leur administration ou la gestion de leurs approvisionnements. Cette proportion tombe à environ un tiers pour la planification de la production et à moins d’un quart pour le contrôle de la qualité.
Cette différence entre l’achat d’un outil et son utilisation réelle est plus importante au Maroc qu’en Inde, au Vietnam et dans la plupart des autres pays étudiés, relève le Rapport de suivi de la situation économique au Maroc de la Banque mondiale.
Les entreprises exportatrices et celles qui travaillent avec des multinationales affichent généralement un niveau technologique plus élevé. Elles sont davantage poussées à respecter des normes internationales, à améliorer leur qualité et à adopter les méthodes de leurs partenaires étrangers.
Jusqu’à 70 % de productivité supplémentaire
Le manque à gagner peut être considérable. Les entreprises marocaines les plus avancées technologiquement affichent une productivité supérieure de 50 % à celle des établissements les moins équipés, après prise en compte de leur taille et de leur secteur d’activité.
Mais le simple achat d’un logiciel ne suffit pas. Les entreprises qui intègrent véritablement les technologies numériques à leurs opérations enregistrent une productivité supérieure de plus de 30 %. L’écart atteint environ 70 % lorsque les outils avancés sont utilisés intensivement dans l’administration et la planification de la production.
Une utilisation poussée dans la gestion des fournisseurs et le contrôle de la qualité est, elle, associée à des gains de productivité proches de 50 %. Ces résultats constituent des corrélations observées par la Banque mondiale et non la garantie qu’un logiciel produira automatiquement les mêmes effets dans chaque entreprise.
La numérisation est également liée à de meilleurs résultats sociaux. L’adoption technologique est associée à une croissance de l’emploi supérieure de 7 %, proportion qui atteint 10 % lorsque les outils sont utilisés intensivement. Les salaires sont alors en moyenne 27 % plus élevés.
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À l’échelle du Maroc, combler le retard par rapport aux pays comparables pourrait relever la productivité globale de 10 à 15 %. Le principal enjeu n’est donc plus seulement d’aider les entreprises à acheter des équipements, mais de former leurs salariés et leurs dirigeants afin qu’ils sachent réellement les exploiter.
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